Lorsque l’on ose enfin aller voir son médecin généraliste à cause d’une insuffisance veineuse, de quoi souffre-t-on principalement ? D’après l’enquête privilège (1), d’abord de lourdeurs de jambe, modérées ou importantes : elles concernaient dans cette étude 70% des patients. Ceux-ci présentaient aussi de nombreux autres signes de maladie veineuse : des douleurs (pour 47%), des œdèmes à la cheville (40%), des crampes (24%), des paresthésies (23,5%) ou un prurit (17%). Des symptômes variés mais très présents, puisqu’au total, 92% des patients en ressentaient.
20% d’hommes, avec une maladie déjà évoluée
Cette enquête a été réalisée auprès de 3537 personnes, âgées en moyenne de 46 ans ; 26% avaient moins de 35 ans. 20% étaient des hommes : un pourcentage plus important qu’il y a quelques années. Deuxième évolution soulignée par cette étude : la première consultation survient à des stades tardifs d’évolution de la maladie veineuse, notamment chez les hommes. Ainsi, 18% des patients présentaient déjà des varices, 35% des œdèmes et 11% des troubles trophiques. Selon le Dr F.A. Allaert qui a coordonné l’étude, ce point reflète qu’aussi bien le patient, le médecin généraliste et le médecin du travail ne portent pas toujours assez d’attention à la maladie veineuse… jusqu’au moment où elle retentit de manière majeure sur la vie des patients et devient plus difficile à traiter.
Les troubles veineux, un handicap lourd au travail
Dernier point soulevé : le poids des conditions de travail. D’après l’étude, 64,5% des patients étaient contraints à de longues stations en position debout (en moyenne 6 heures par jour) dans leur activité professionnelle, 60% à un piétinement, 25% à une exposition à la chaleur et 17% au port de charges lourdes. Près des deux tiers considéraient leurs troubles veineux comme un handicap dans leur vie professionnelle et dans leur vie professionnelle.
Enfin, côté traitement, les médecins ont prescrit un veinotonique à 93% des patients et une compression médicale à 47% d’entre eux. Chez 3% des patients, un arrêt de travail a été prescrit, d’une moyenne de 12,8 jours.
1. F.A. Allaert, Angéiologie 2006, vol 58, n°1
Hélène Jolly