Les 13 et 14 janvier derniers ont eu lieu les 58 èmes Journées internationales francophones d’angéiologie. Parmi les thèmes abordés figurait le lien entre obésité et affections veineuses chroniques.
Si l’on connaît de mieux en mieux l’épidémiologie de la maladie veineuse chronique dans la population générale, peu d’études ont évalué la maladie et les facteurs de risque chez l’homme obèse. Une étude française publiée dans la revue Angéiologie en 2005 a cherché à déterminer le lien entre le stade clinique de la maladie veineuse et l’obésité, ainsi que le temps écoulé entre les premiers symptômes et signes de l’affection veineuse et la première consultation avec un médecin spécialisé.
Au total, 494 patients d’âge moyen 50 ans ont été analysés. Une comparaison a été effectuée entre les patients ayant un IMC*<25 et ceux présentant un IMC>30, considérés comme obèses.
Les résultats ont montré une association entre le stade C de la classification CEAP (caractérisant les signes cliniques) et l’obésité : plus le patient est obèse, plus le stade de l’affection veineuse est évolué. De plus, par rapport aux non-obèses, les obèses se plaignent plus souvent de douleurs modérées ou intenses (73% vs 57,4%), de dysesthésies (troubles de la sensibilité cutanée) ou de prurit (32,4% vs 16,4%). Les troubles trophiques (pigmentation, eczéma, hypodermite) étaient également plus fréquents dans cette population (50% vs 22,8%), ainsi que le reflux veineux au niveau poplité.
En ce qui concerne le délai de consultation, il apparaît que le délai entre les premiers signes et symptômes et la première consultation spécialisée est plus long chez l’obèse que chez le non-obèse (autour de 10 ans contre un peu plus de 5 ans).
Enfin, les personnes obèses exercent les mêmes professions, avec la même fréquence, que les non-obèses et ne souffrent pas plus au travail. En revanche, ils portent plus régulièrement leurs bas de compression (35% vs 16,7%).
Dans la discussion, les auteurs tempèrent leurs résultats en indiquant que c’est l’âge qui serait le facteur critique et non point l’obésité, l’incidence des troubles trophiques augmentant avec l’âge et les obèses étant plus âgés que les non-obèses. D’autres études sont nécessaires pour confirmer cette donnée. Le problème de la prise en charge reste toutefois entier car 25% des patients présentant des troubles trophiques sont obèses.
*IMC=Indice de masse corporelle = poids en kg /(taille en m)²
Source : JP. Benigni, « Affections veineuses chroniques chez l’homme obèse, Résultats d’une étude épidémiologique », Angéiologie 2005, 57, 4 : 31-38