Depuis le 1er février, la baisse de taux de remboursement des veinotoniques a pris effet. Jusque-là remboursés à 35% par la sécurité sociale, ces médicaments destinés à soulager les jambes lourdes ne le sont plus désormais qu’à 15%. Cette mesure de réévaluation du taux de remboursement des veinotoniques s’inscrit dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2006 et devrait permettre, selon le ministère de la santé, d’économiser 120 millions d’euros. Parallèlement à la baisse du taux de remboursement, le prix de l’ensemble de ces spécialités (marques et génériques) va baisser de 15%.
Le compromis du remboursement à 15%
Le taux de remboursement intermédiaire à 15%, accordé pour 2 ans, est une belle victoire dans l’accès aux soins. Il a été obtenu contre l’avis de la Haute autorité de santé, qui préconisait en effet un déremboursement total de ces médicaments dès le 1 er février 2006, au même titre que 156 autres médicaments (crèmes utilisées en dermatologie, oligoéléments, fluidifiants bronchitiques, collyres ou anti-inflammatoires). Le maintien d’un remboursement partiel des veinotoniques est un atout pour les malades car il permet de conserver un accès aux soins en limitant la participation individuelle. Les chiffres de consommation de ces médicaments sont en effet impressionnants : selon l’Assurance maladie, les français ont consommé en 2004 environ 60 millions de boîtes de veinotoniques, pour un montant remboursé de plus de 215 millions euros.
Les positions divergentes des mutuelles complémentaires
Les 85% restants après la part remboursée par la sécurité sociale ne seront pris en charge que par une partie des mutuelles. La Mutualité française (qui regroupe 98% des mutuelles) a appelé à ne pas rembourser les veinotoniques et certaines sociétés importantes comme la MGEN, la MNH, la Mutuelle générale et Préviade Mutuouest ont suivi cet avis.
Mais toutes ne sont pas sur la même ligne. A ce jour, les AGF et la SMPPN (société mutualiste du personnel de la police nationale) ont annoncé qu’elles continueront à prendre en charge les médicaments veinotoniques. C’est également le cas de la Mutuelle Nationale Territoriale, de France Mutuelle, ou encore d’AG2R.
Toutes les mutuelles n’ont pas encore déterminé ou communiqué leur ligne de conduite et il n’est pas évident pour l’assuré de s’y retrouver. Si vous souffrez de troubles veineux et êtes soulagé par les veinotoniques, pensez à demander la position de votre mutuelle et à évaluer vos besoins pour choisir une complémentaire santé adaptée.