Côté étiologie, l’importance de la génétique a été soulignée, et côté traitement, l’efficacité des FFPM (fractions flavonoïques purifiées micronisées), extraits de plantes purifiés, a été reconnue dans la prise en charge précoce de la maladie veineuse. Ce symposium était une introduction à certains des domaines les plus prometteurs de la recherche veineuse.
Pour l’argumentaire épidémiologique, le Pr Jawien a revu les données de la littérature sur la maladie veineuse chronique et les a comparées aux résultats d’une étude transversale multicentrique polonaise. Dans cette dernière, la prévalence des varices et de la maladie veineuse chronique sévère -c’est-à-dire l’insuffisance veineuse chronique- s’est révélée similaire à celle des pays développés environnants. Les facteurs de risque dont l’âge, les antécédents familiaux de varices, l’obésité et le manque d’activité physique étaient associés à la maladie veineuse chronique, de façon plus évidente chez la femme que chez l’homme. Peu d’études ont prouvé l’importance des facteurs héréditaires au plan clinique, encore moins au niveau moléculaire.
Le Dr Pistorius a abordé les origines génétiques de la maladie veineuse chronique. Dans une étude originale, il a cherché à identifier une ou plusieurs mutations prédisposant à la maladie variqueuse. Deux grandes familles ont été examinées ; cela a permis de déterminer le génotype complet de chaque individu à l’intérieur d’une famille, afin d’identifier de potentielles localisations géniques sur un chromosome. Une localisation génique possible a été identifiée, et la recherche actuelle se concentre sur le séquençage des gènes d’intérêt au sein de cette région, ainsi que sur l’étude de nouvelles grandes familles.
D’autres investigations ont porté sur la physiopathologie veineuse et sur la modification du collagène présent dans les parois des veines variqueuses. L’hypothèse de recherche était que les varices pourraient être une maladie systémique, c’est-à-dire une maladie du tissu conjonctif ne se limitant pas aux veines mais susceptible d’affecter d’autres organes. Les investigateurs ont cherché à vérifier si la modification de la composition du collagène observée dans les varices pouvait être reproduite dans des cultures in vitro. Résultat : l’accumulation anormale de collagène observée en culture dans des cellules de muscle lisse et des cellules du derme suggère que les varices pourraient effectivement être une maladie systémique, avec des causes génétiques.
Par ailleurs, il est admis que les anomalies de la micro-circulation (circulation des micro-vaisseaux) participent largement à l’étiologie des varices ainsi qu’aux troubles trophiques de l’insuffisance veineuse chronique (hypodermite, ulcère de jambe). Une mauvaise circulation veineuse au niveau de la peau entraîne en effet un manque d’oxygène et une détérioration cutanée aboutissant aux différents troubles trophiques.
Ce symposium a enfin été l’occasion de présenter l’importance du traitement médicamenteux précoce de la maladie veineuse, et d’insister sur l’efficacité des fractions flavonoïques purifiées micronisées (FFPM). Ces fractions actives issues de végétaux sont naturellement présentes dans certaines plantes de la famille des agrumes : citronnier, oranger, pamplemoussier. Un travail sur des modèles animaux a montré que ces FFPM retardaient les risques de complications dans la maladie veineuse chronique, en protégeant l’endothélium, la paroi interne des veines. Cette mince couche de cellules est en effet impliquée dans l’insuffisance veineuse lorsqu’elle est détériorée. A l’origine de cette détérioration : l’interaction des leucocytes (globules blancs) avec l’endothélium, qui produit une réaction inflammatoire et va altérer les tissus environnants. En modérant l’adhésion leucocytaire à l’endothélium, les FFPM permettent de réduire les phénomènes inflammatoires, de prévenir les lésions endothéliales et donc de préserver la micro-circulation.
Ces observations peuvent expliquer l’action de ce type de flavonoïde dans le traitement de l’œdème et des symptômes de l’insuffisance veineuse. Un certain nombre d’études ont montré que dans les classes précoces de la maladie veineuse chronique, les FFPM étaient efficaces sur les douleurs, les paresthésies (sensations désagréables mais non douloureuses ressenties sur la peau), «la maladie des jambes sans repos», et également sur l’œdème. Les FFPM font donc partie de l’arsenal de base du traitement de l’œdème veineux ainsi que d’un certain nombre de symptômes «dits» veineux. A fortiori, elles restent efficaces dans les classes les plus sévères de la maladie veineuse chronique, ulcère inclus.
Article original : John J. Bergan (Université de Californie à San Diego), suite au 21ème Congrès mondial de l'Union internationale d'Angiologie, 24 mai 2004