L’insuffisance veineuse : dépister, prévenir, guérir - 15/11/2003

A l’occasion du salon « Forme et santé 2003 », le Docteur Philippe Blanchemaison, phlébologue, s’est longuement exprimé sur la prise en charge de l’insuffisance veineuse. Devant une salle pleine et attentive, il a passé en revue les dernières méthodes de prévention et de traitement d’une pathologie souvent négligée.

18 millions de Français, y compris des personnes jeunes souffrent d’insuffisance veineuse. Pourtant cette maladie restent trop souvent sous-estimée ou mal traitée.

Les signes de l’insuffisance veineuse

La stagnation du sang dans les veines entraîne des sensations de jambes lourdes et douloureuses, gonflées par une rétention d’eau et parfois marbrées (c’est ce qu’on appelle le livedo). Ces signes peuvent s’accompagner de crampes nocturnes, de bleus spontanés…

Lorsque le sang s’accumule, les veines gonflent, parfois jusqu’à la formation de varices ou de varicosités, qui en l’absence de traitement, peuvent entraîner des complications :

un caillot peut se former et boucher la veine, constituant une phlébite (veine profonde) ou une paraphlébite (veine superficielle) ;

la diminution du retour veineux entraîne une baisse de qualité de l’oxygénation des tissus qui se fragilisent, exposant au risque d’ulcère de jambe. Cette mauvaise qualité du drainage peut être également responsable d’hypodermite, pigmentation marron de la peau, et d’œdème veino-lymphatique, qui englobe souvent les pieds jusqu’aux orteils.

Il faut noter qu’une amélioration de la prise en charge de la maladie veineuse a permis de diminuer le nombre d’ulcères, complication la plus fréquente et invalidante. Alors que 3 % de la population française étaient atteints il y a 20 ans, 1 % est victime de cette complication aujourd’hui.

Les principaux facteurs de risque

Si le risque central est l’hérédité – lorsque vos 2 parents sont variqueux, vous avez 75 % de risques de présenter également des varices – l’âge est également un facteur important du au relâchement du tonus des veines. Mais pour le Dr Blanchemaison, il ne faut pas négliger les autres facteurs de risque que sont :
le tabagisme ;
le surpoids ;
l’hypercholestérolémie ;
et le stress.

Sans oublier le rôle aggravant de la sédentarité, du déséquilibre alimentaire, des postures de travail debout, des troubles de la statique plantaire, de la chaleur… Enfin il faut savoir que les hormones féminines, les oestrogènes, augmentent la rétention d’eau, la stagnation du sang dans les vaisseaux et donc l’effet jambes lourdes, tandis que la progestérone tend à ré-équilibrer cet effet. Le rôle de ces hormones explique les variations de sensations de jambes lourdes au cours liées au cycle menstruel, phénomène majorés en cas de grossesse et à la ménopause.

Prévenir la maladie avec son médecin

Selon le Dr Blanchemaison, « On ne guérit pas d’un diabète, c’est pareil pour la maladie veineuse ». Cependant, comme pour le diabète, les efforts sont payants et se traduisent par une diminution des symptômes et des complications. Une consultation avec un phlébologue vous permettra de faire l’inventaire de vos risques, d’établir une sorte de « phléboscore » et de suivre l’évolution de ce dernier en fonction de vos efforts et des traitements.
Voici les principaux points sur lesquels vous pouvez agir : (pop-ups)

L’alimentation

Les veinotoniques

La contention veineuse

La gymnastique vasculaire active

Le drainage lymphatique manuel

Panorama des traitements disponibles

Si, malgré ces mesures de prévention, vos jambes vous pèsent, vos varices grossissent, des traitements spécifiques existent ! N’hésitez pas à consulter un phlébologue, qui pourra alors vous proposer, en fonction de votre état clinique :

La sclérose : un produit irritant est injecté directement dans la veine, qui se bouche puis se détruit progressivement. Cette technique est particulièrement utilisée pour les varicosités ou les varices de petit calibre ;

Le laser endoveineux : une sonde chauffante est introduite dans la varice puis retirée progressivement, le laser thermique cautérisant la veine de proche en proche. Cette technique est encore peu répandue, chère mais efficace, notamment sur les varices de petit calibre ;

Le closure : le principe est le même, sauf que la veine est brûlée par radio-fréquence ;

La chirurgie, ou stripping, qui se réalise sous anesthésie locale : la veine entière est retournée sur elle-même, c’est une intervention plus lourde mais qui donne de bons résultats, notamment en cas de grosses varices.

Alors, en cas de jambes lourdes ou douloureuses, n’hésitez pas à vous faire suivre par un phlébologue, plus tôt vous prendrez en charge cette maladie, moins les risques de complications et donc d’intervention seront importants !

Dr Jean-Philippe Rivière

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