| Les facteurs de risque veineux |
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Dans le cadre du dépistage et de la prévention de la maladie veineuse, il est important de préciser les facteurs de risque, de la même manière que dans la maladie artérielle. Plusieurs études récentes ont précisé l’importance de l’âge, du poids, de l’hérédité, des déséquilibres hormonaux et, surtout, de certains postes de travail comme facteurs de risque de la maladie veineuse (1). 13 - Sobaszek A. et col. 14 - Blanchemaison Ph. |
L'insuffisance veineuse des membres inférieurs : une pathologie complexe d'origine multifactorielle
Tout se passe comme si l'insuffisance veineuse était d'abord une maladie de civilisation, mais si diverses conditions sont nécessaires pour induire la maladie, aucune ne semble suffisante à elle seule.

Une étude française portant sur 64 familles montre que c'est l'association de deux parents variqueux qui augmente sensiblement le risque de présenter à son tour des varices. Le risque relatif est estimé à 2 quand l'un des parents est variqueux et à 3 si les deux le sont.
Il s'agit d'un facteur de risque majeur. Lors de la première grossesse, le risque de varices est de 23%. Il est de 27% la seconde et à la troisième, et de 31 % à la quatrième. Cependant la relation entre grossesse et varices doit tenir compte de l'âge et de la prise de poids.
L'étude de Framingham donne avec un recul de 16 ans une mesure quantifiée du risque associé à une surcharge pondérale : un surpoids avec un indice de masse corporelle inférieur à 27 comporte un risque de développement des varices de 29%. Chez les femmes, si l'indice de masse corporelle est supérieur ou égal à 27, le risque passe à 39%. Un régime allégé, riche en fibres et pauvre en graisses saturées (beurre, viande rouge) et un litre et demi d'eau par jour permet de lutter contre ce facteur.
Ces facteurs sont de plus en plus souvent incriminés; il s'agit essentiellement de l'excès de poids et de la constipation.
Une étude portant sur les populations du Pacifique du sud, montre que la fréquence des varices est basse chez les populations primitives (les Maoris vivant dans les îles du Pacifique), mais élevée chez les populations de même origine ayant un mode de vie occidentalisé, c'est à dire avec une alimentation riche en sucres raffinés et en graisses, et pauvre en fibres alimentaires et en aliments vitaminés.(il s'agit des mêmes Maoris lorsqu'ils vont vivre dans les grandes villes de Nouvelle-Zélande).
Les ceintures, pantalons et jupes serrés à la taille, les gaines, les bottes serrés, mais également les compressions liées aux jambes croisées en position assise, augmentent la pression intraveineuse et favorisent le développement des varices et des varicosités.
Les sports où il existe des hyperpressions brutales s'exerçant sur les valvules sont réputés négatifs. C'est par exemple le cas du tennis, du squash, de l'haltérophilie, du canoë-kayak, du rugby, du football, de nombreux sports de combat.
Les sports de fond comme par exemple la marche à pied, la natation, la bicyclette, le ski de fond, le golf sont considérés comme bénéfiques.
Récemment, les sports d'endurance pratiqués pendant plusieurs années et de façon intensive ont été accusés d'entraîner des dilatations de certaines veines. Ces dilatations peuvent secondairement retentir sur les réseaux veineux superficiels, surtout à l'arrêt de la pratique sportive. L'excès de sport peut être considéré comme aussi négatif que l'absence de pratique sportive.
Le sexe féminin constitue en lui-même un facteur de risque de maladie veineuse.
En effet, les veines sont sensibles aux variations de taux d'hormones sexuelles, oestrogènes et progestérone. Ainsi, les femmes sont beaucoup plus touchées que les hommes par la maladie veineuse du fait des différents épisodes hormonaux que sont la puberté, les périodes prémenstruelles, les grossesses et la ménopause.
Les vols long-courriers ne sont pas sans risque pour les jambes. Certaines compagnies aériennes réalisent des films de prévention pour leur clientèle afin de faire des recommandations pour lutter contre la stase veineuse. La stagnation du sang dans les veines peut entraîner la formation de caillots sanguins et provoquer des phlébites ou des embolies.
Les troubles de la circulation sanguine en avion sont avant tout liés à l'immobilisation prolongée en position assise. Les personnes atteintes ont pris une alimentation riche et alcoolisée et ne se sont jamais déplacées durant le voyage. Si le risque est faible, il existe toutefois des facteurs prédisposants comme les antécédents de troubles vasculaires ou d'insuffisance veineuse, les varices importantes ou l'obésité.

Pour tout le monde, quelques mesures préventives sont conseillées. Il faut bouger les pieds, contracter les mollets, ne pas trop croiser les jambes, marcher régulièrement dans le couloir de l'avion. Il convient aussi de se réhydrater (boire au moins un litre et demi d'eau pour 10 à 12 heures de voyage), car la pressurisation de la cabine dessèche fortement. Le port de vêtements larges est recommandé, voire de collants de contention. En cas de pathologie veineuse avérée, il est bon de consulter son médecin, avant le départ, afin associer au comportement préconisé une prévention médicamenteuse par des phlébotropes.
Attention, les mêmes problèmes peuvent survenir lors de longs trajets en voiture.
Il ne semble pas que la chaleur soit un facteur de risque par la dilatation, généralement temporaire, qu'elle provoque, mais davantage par une sorte de dérèglement de la thermorégulation de l'organisme. Il s'en suit une altération du tonus veineux.
La station debout, prolongée et abusive constitue un facteur de risque. Surtout lorsqu'elle est immobile sans stimulation des muscles. Des études réalisées en médecine du travail démontrent le rôle de ce facteur de risque dans la genèse de la maladie.
Par contre, la marche est totalement bénéfique et représente l'une des meilleures activités physiques pour lutter contre l'insuffisance veineuse.
Texte et photos du Dr Blanchemaison