Douleurs sourdes et diffuses ou plutôt lancinantes, jambes « comme des poteaux », fatiguées dès le matin… les manifestations de la maladie veineuse chronique sont souvent source de gêne et de limitation dans les activités personnelles et professionnelles. Aujourd’hui, il est impossible de parler de cette pathologie sans prendre en compte la qualité de vie.
Les affections veineuses chroniques se manifestent par différents symptômes : lourdeur, douleurs, sensation de gonflement ou de chaleur dans les jambes, fourmillements, crampes, démangeaisons… Ils sont tous susceptibles d’engendrer une gêne quasi-omniprésente et d’avoir un impact négatif sur la forme physique, sur la forme psychologique et sur la vie sociale. Indiscutablement, les conséquences de la maladie veineuse chronique altèrent la qualité de vie de ceux qui en souffrent, en particulier quand la souffrance est quotidienne.
Cette souffrance peut d’abord être physique, avec des douleurs parfois difficiles à soulager, notamment en cas d’œdèmes avec gonflement des chevilles, des jambes. Les lourdeurs de jambes, accompagnées ou non de douleur, sont quant à elles très souvent génératrices de sensations de fatigue. De leur côté, les crampes risquent de perturber le sommeil, à force de réclamer quelques pas en pleine nuit ou d’empêcher de s’endormir… Les journées aussi peuvent être pénibles, rythmées par des difficultés à s’agenouiller, à rester longtemps debout ou assis dans le métro ou au travail, des limitations dans les déplacements et les destinations de voyage (on évite les destinations soleil). De quoi se sentir « sur les nerfs », même lorsqu’il s’agit de manifestations douloureuses peu intenses et supportables… Quand les jambes empêchent de travailler, d’aller danser, de suivre les autres ou de s’habiller en jupe, l’irritabilité et l’agacement sont souvent de mise.
En France, une étude pionnière sur la qualité de vie dans la maladie veineuse chronique, l’étude RELIEF1, a défini les principaux facteurs influençant la qualité de vie. Avant tout, les symptômes ont un impact significatif et important. Parmi les symptômes de maladie veineuse, les lourdeurs et les douleurs de jambe altèrent particulièrement la qualité de vie. La douleur engendrée par l’insuffisance veineuse chronique semble être un des éléments les plus gênants et les plus handicapants, commun à tous les symptômes. La classe clinique définie selon la classification CEAP a aussi une influence significative. Plus les symptômes sont sévères et plus le stade de la maladie est évolué, moins la qualité de vie est bonne. L’étude VEINES réalisée au Canada retrouve ces résultats.
Pour évaluer le retentissement de la maladie veineuse et de son traitement, on ne peut donc pas s’arrêter aux signes cliniques : toutes les répercussions fonctionnelles, psychologiques et sociales sont importantes pour les personnes concernées. Ainsi, s’il est facile pour un chirurgien d’être satisfait du résultat technique d’une opération, cela ne correspond pas toujours à la satisfaction de la personne en face… Surtout dans la maladie veineuse chronique, où la qualité de vie des malades est souvent sous-évaluée par les médecins.
L’évaluation de la qualité de vie est devenue une nécessité et une composante essentielle de la prise en charge de la maladie veineuse et dans la validation et l’interprétation de résultats d’études. Elle donne des informations sur la perception des personnes face à leur maladie, et sur l’évolution de cette perception en fonction des changements cliniques. Elle renseigne aussi sur les évolutions liées aux changements de thérapeutique. Des thérapeutiques qui, comme le souligne l’industrie pharmaceutique, consistent désormais à atténuer les conséquences de la maladie et à améliorer la qualité de vie.
Hélène Jolly
1 : RELIEF study, Reflux assEssment and quaLity of lIfe improvEment with micronized Flavonoids, G. Jantet, Angiology, 2002 May-Jun; 53 (3): 245-56.
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