Pour éclairer le lien entre veines et grossesses, deux femmes ont accepté de témoigner. L’une a joué la carte de la prévention, l’autre s’en préoccupe seulement maintenant, un an après sa deuxième grossesse. Résultat : leurs jambes n’ont pas vécu la maternité de la même façon…
« Depuis 3-4 ans, je vois un phlébologue deux fois par
an pour des problèmes d’insuffisance veineuse. Aujourd’hui
je suis enceinte de 4 mois ; c’est ma première grossesse.
Mes tantes, ma grand-mère et surtout ma cousine ont vu leurs problèmes
veineux s’aggraver quand elles étaient enceintes. Je pensais
que ce serait aussi le cas pour moi mais pour l’instant, rien de
tel.
Il y a 4 ans, j’ai commencé à consulter pour des
oedèmes de jambe : mes jambes gonflaient, y compris l’hiver,
provoquant des douleurs aux genoux. J’avais l’impression
d’avoir de véritables poteaux à la place des jambes.
Pourtant, j’ai une nourriture saine, pas de problème de
surpoids et je fais du sport.
Le phlébologue m’a examinée et a vu au doppler que
quelques unes de mes veines ne fonctionnaient pas bien. Il a diagnostiqué quelques
grosses varices, à peine visibles à la surface de la peau,
et m’a prescrit des bas de contention épais.
Lorsque j’ai envisagé une grossesse, j’ai d’abord
parlé de ces problèmes de veines à ma gynécologue.
Elle m’a conseillé de ne pas être à terme en
plein été. J’en ai ensuite parlé au phlébologue
; il m’a prescrit à nouveau des bas de contention. Dès
que je suis fatiguée ou que j’ai trop mangé, je les
mets pour soulager mes jambes.
Pour l’instant, je n’ai aucune aggravation de mes problèmes
veineux. En ce qui concerne les varices, le phlébologue n’a
pas jugé utile de continuer les scléroses pendant la grossesse.
S’il n’y a pas de souci, je n’ai donc pas besoin de
retourner le voir d’ici l’accouchement. »
« J’ai deux enfants, nés en 2002 et 2004. Avant ma
première grossesse, j’avais quelques varices et varicosités.
Je travaillais beaucoup debout et je savais qu’il y avait des antécédents
de maladie veineuse dans ma famille, mais je ne m’en suis pas vraiment
préoccupée. Pendant ma première grossesse, ces problèmes
veineux se sont aggravés et d’autres varices sont apparues.
Le gynécologue m’a prescrit des veinotoniques. Mais comme
les problèmes se sont atténués après l’accouchement,
j’ai remis la prise en charge à plus tard.
La deuxième grossesse a vraiment empiré les choses. J’avais
de plus en plus de varices, exclusivement au niveau des genoux et des
mollets. J’ai à nouveau pris des veinotoniques et utilisé de
temps en temps des bas de contention, mais je n’ai pas consulté de
spécialiste. Après l’accouchement, pendant les quelques
jours d’hospitalisation, les sages-femmes et le gynécologue
se sont inquiétés d’une varice. J’ai dû avoir
des injections tous les jours pendant la durée de l’hospitalisation,
pour éviter les complications.
Sur les conseils pressants de mon entourage et du gynécologue,
j’ai commencé à consulter un phlébologue.
Je le vois depuis 4 mois, 1 fois par mois. Il a mis en place un traitement
pour scléroser les varices, m’a prescrit des veinotoniques
et vérifie mes veines à l’écho doppler à chaque
consultation. Même si les résultats ne sont pas encore très
visibles, les varices commencent à régresser. Toutefois,
le phlébologue m’a prévenu que j’avais un terrain
propice aux problèmes veineux, et qu’il fallait une prise
en charge régulière.
Aujourd’hui je regrette vraiment de ne pas m’en être
occupée plus tôt. Mes jambes sont dans un état pitoyable
; je ne porte jamais de jupes ou de robes en été. Pendant
la grossesse, on pense à autre chose, on a tendance à oublier
car ce ne sont pas les jambes les plus embêtantes. Tant qu’on
n’a pas mal, on ne s’en préoccupe pas vraiment. Et
puis on se dit que tout va partir après l’accouchement… mais
c’est faux. »
Hélène Jolly