Jambes lourdes, chevilles gonflées, varicosités ou varices… l’un de ces signes vous est familier ? Il représente l’une des manifestations de la maladie veineuse. Pour y faire face, différents traitements existent, des médicaments à la chirurgie, sans oublier les règles d’hygiène. Tour d’horizon des traitements possibles de l’insuffisance veineuse.
La maladie veineuse est une maladie chronique, au même titre que le diabète par exemple. Elle va donc être traitée grâce à un traitement de fond qui peut associer médicaments phlébotoniques, contention et règles hygiéno-diététiques. Ces éléments ne vont certes pas soigner la maladie veineuse, mais ils apportent un soulagement de la douleur. A côté de ces symptômes peuvent apparaître des manifestations organiques, comme les varicosités ou les varices. Leur traitement repose sur la sclérose, la chirurgie ou le laser.
Les veinotoniques, également appelés phlébotoniques,
sont de véritables médicaments de la veine. Ils sont prescrits
lorsque les jambes sont lourdes et douloureuses. Ils agissent directement
sur la veine en diminuant la dilatation et l’inflammation, aidant
ainsi à diminuer la douleur et l’œdème. On les
trouve principalement sous forme de comprimés; ils sont généralement
prescrits en cures de 3 mois.
Ils sont en majorité issus des plantes, renfermant certaines fractions
actives notamment les flavonoïdes. Aujourd’hui, les médicaments
renferment des formes purifiées de ces extraits actifs (fractions
flavonoïques purifiées) ou directement des molécules
extraites de ces fractions (diosmine, rutine, hespéridine…).
Des substances de synthèse (naftazone, acide flavodique…)
ont également vu le jour, mais les médicaments à base
de plantes restent majoritaires.
Le mode d’action des veinotoniques est complexe ; on découvre
régulièrement de nouveaux éléments permettant
de mieux l’appréhender. On sait aujourd’hui qu’ils
agissent localement, en exerçant une action anti-inflammatoire,
en stimulant le tonus veineux et en protégeant l’endothélium,
la couche de cellules qui tapisse les veines. En diminuant l’inflammation,
ils améliorent les symptômes et l’état des
veines. De récentes études montrent qu’en protégeant
la paroi veineuse, ils pourraient retarder l’altération
des valves veineuses qui aident à ramener le sang au cœur,
et retarder ainsi l’apparition du reflux veineux et l’évolution
vers les varices et l’ulcère.
Des moyens de contention ou de compression peuvent également être prescrits. Si ces deux termes sont souvent confondus, ils ne recouvrent pourtant pas tout à fait la même action. La contention va jouer un rôle passif de résistance à un gonflement, alors que les chaussettes, bas ou collants de compression vont exercer une pression active sur la jambe au niveau des veines superficielles. La pression est en général graduée, plus forte à la cheville que vers la cuisse, et cette action mécanique va empêcher la dilatation de la veine et faciliter le retour veineux. C’est le traitement non médicamenteux de l’insuffisance veineuse chronique. La compression élastique peut être prescrite par un médecin pour traiter les phlébites, les suites d’une chirurgie des varices ou pour soulager toutes les manifestations de la maladie veineuse (jambes lourdes, oedèmes, ulcères…). Elle peut aussi être utilisée en prévention, par exemple dans des situations précises : lors de longs trajets en avion, de stations debout prolongées ou dans les périodes à risque comme les grossesses.
A côté du traitement médicamenteux ou de la compression élastique, des règles hygiéno-diététiques sont généralement mises en place : amaigrissement pour les personnes en surpoids, activité physique et lutte contre la sédentarité. Une alimentation équilibrée, riche en fibres et en minéraux, est indispensable : elle participe à lutter contre toutes les maladies chroniques et notamment contre l’insuffisance veineuse. Ces mesures hygiéno-diététiques vont permettre de soulager les symptômes (douleurs, lourdeurs, œdème).
Les varicosités correspondent à des varices des petites
veines. Pour les traiter, on utilise la sclérose. Elle consiste à détruire
la veine responsable des varicosités : un produit irritant appelé produit
sclérosant est injecté, il va entraîner le durcissement
puis la destruction de la veine.
Cette technique de sclérose est également utilisée
pour soigner les varices plus importantes. Néanmoins, le traitement
des varices sera fonction de leur localisation, de leur taille et de
la gêne associée. La chirurgie est parfois envisagée
; elle consiste à retirer la veine malade (stripping). Des techniques
au laser, moins lourdes que la chirurgie, se développent également
depuis quelques années. La technique la plus récente est
appelée Closure ; elle utilise la radiofréquence et brûle
la veine de l’intérieur. Il n’y a pas d’incision,
pas d’hospitalisation, et les suites sont beaucoup plus simples.
La maladie veineuse a de multiples facettes. Face à ses manifestations, il existe des traitements, dont il faut profiter tôt si l’on veut éviter les complications. Si vos jambes vous font souffrir, n’attendez pas, parlez-en à votre médecin.