Lorsque l’on compare la structure des parois des veines variqueuses et des veines normales, on s’aperçoit que les cellules musculaires lisses sont hypertrophiées dans la paroi des varices. Cette hypertrophie pourrait être à l’origine de la désorganisation des fibres élastiques liées aux veines variqueuses, et représenter un facteur essentiel dans le développement de la maladie veineuse.
Dans cet intéressant article, les auteurs analysent les différences anatomopathologiques (modifications structurelles) au niveau des parois des veines variqueuses et non variqueuses de patients ou de sujets d’âge identique. 17 sujets d’âge moyen 51 ans (±12 ans) présentaient des veines variqueuses et 29 sujets d’âge moyen 52 ans (±12 ans) des veines normales. Les échantillons étaient examinés par microscopie optique et microscopie électronique. Un système de cotation était utilisé pour évaluer l’hypertrophie des cellules musculaires lisses et les transformations de la structure de l’élastine. Les masses volumiques des cellules musculaires lisses et du collagène ont également été mesurées, le diamètre des cellules musculaires lisses évalué et le nombre de leurs noyaux a été comptabilisé dans une surface prédéterminée.
Les auteurs ont trouvé que la paroi des varices se distinguait de la paroi de la veine saphène normale par la présence de cellules musculaires lisses hypertrophiques, ainsi que par une désorganisation de l’élastine. Le diamètre des cellules musculaires lisses était significativement différent entre les deux groupes : d=9,45±1,22 µm dans les veines variqueuses contre d=6,22±1,47 µm dans les veines normales, prouvant l’hypertrophie de ces cellules dans les varices.
Le nombre de noyaux calculé par surface fixe dans les cellules musculaires lisses différait aussi de façon significative entre les veines variqueuses et non variqueuses : ils étaient moins nombreux dans les veines variqueuses (87±18 contre 117±24 dans les veines normales). Du point de vue de l’ultrastructure, les cellules musculaires lisses présentaient des micro hernies (saillies) et des vésicules bourgeonnant à la surface de la cellule. Les micro hernies étaient fréquemment associées à une désorganisation de l’élastine liée aux cellules musculaires. Les vésicules des cellules musculaires contenaient du matériel contractile et notamment des micro filaments et des microtubules.
Les auteurs ont conclu que l’hypertrophie des cellules musculaires lisses et les micro hernies pourraient être à l’origine de la rupture des fibres d’élastine liées aux cellules musculaires lisses dans les veines variqueuses.
Ces connexions modifiées entre les cellules musculaires lisses et les fibres d’élastine pourraient provoquer une faiblesse de la paroi veineuse observée au cours des varices. Les auteurs se demandent si les cellules musculaires lisses hypertrophiques constituent le facteur de dégradation primaire, ou si la perte d’élastine représente l’élément essentiel dans la maladie variqueuse.
Pendant la grossesse, période de bouleversement hormonal, il a été démontré que des facteurs hormonaux et systémiques (généraux) agissent sur les varices. Par ailleurs, la veine saphène contient des récepteurs à la progestérone dans les deux sexes. Les auteurs suggèrent ainsi que la survenue de cellules musculaires lisses hypertrophiques dues à des stimuli hormonaux, à des facteurs de stress, et à une augmentation permanente de la pression au niveau des membres inférieurs est un facteur essentiel dans le développement de la maladie variqueuse.
Article original: Kockx MM, Knaapen, Bortier HE, Cromheeke KM, Boutherin-Falson O, Finet M., Angiology. 1998; 49 : 871-7
Commentaire : Dr Newton DeBarros, Jr Sao Paulo, Brésil