Jeune femme cherche suivi veineux adapté

S’il est impossible de prévoir l’avenir d’une maladie veineuse chronique, certains éléments peuvent toutefois donner une idée des possibilités d’évolution et orienter la prise en charge. Pour la femme jeune, il est très important de les évaluer car son parcours risque d’être influencé par de nombreux facteurs et que le suivi et le traitement doivent s’envisager sur le long terme.

Une femme de 20 ans entre dans le cabinet du phlébologue. Elle vient pour des varicosités, véritable gêne esthétique, qu’elle aimerait voir disparaître. Une autre femme, âgée de 35 ans suit ; elle a des varices et vient comme chaque année pour une surveillance. Sa mère et sa grand-mère ont aussi des varices. A l’évidence, ces deux jeunes femmes ne seront pas suivies de la même façon, car l’évolution probable de leurs problèmes veineux n’est pas comparable : la première ne souffre pas d’insuffisance veineuse mais elle a une demande esthétique légitime ; la deuxième est atteinte d’insuffisance veineuse chronique avec des antécédents familiaux. La première viendra plutôt ponctuellement ; la deuxième devra certainement consulter plus régulièrement.

La femme jeune, une personne très spéciale

Pourquoi prendre l’exemple de ces jeunes femmes ? D’abord car elles sont de plus en plus nombreuses à venir consulter. Ensuite, parce que leur prise en charge demande au médecin de se projeter dans le futur : il doit évaluer la période de suivi et d’indication sur une durée très longue, de 30 ou 40 ans. De plus, ces femmes jeunes sont susceptibles de connaître des évènements physiologiques et hormonaux importants comme la grossesse, qu’il faut prévoir ; elle peut en effet être un facteur aggravant de la maladie veineuse. Autres particularités : les femmes de 20 à 35 ans sont souvent actives professionnellement et ont une forte demande thérapeutique et esthétique, tout en ayant des craintes telles que « souffrir du traitement », « devoir s’arrêter de travailler », « que ça coûte cher »… Enfin, il n’est pas rare qu’elles doutent de l’efficacité des techniques, des résultats esthétiques et de la nécessité de se traiter.

Des clés pour évaluer la gravité actuelle et future de la maladie

Le médecin doit donc intégrer tous ces aspects pour prendre en charge au mieux la jeune femme qui vient le voir. Et pour que le traitement et le suivi soient adaptés, il doit avoir une idée de l’évolution potentielle de ces problèmes veineux. Pour cela, il se base sur quelques questions qui l’aideront à analyser les facteurs de risque, pour évaluer la gravité de l’état actuel et futur de la jeune femme :

  • Quels sont les antécédents ? Savoir si la maladie veineuse s’intègre dans une histoire familiale est primordial car plus l’hérédité sera lourde, plus le potentiel d’évolution sera important.
  • Y a-t-il présence de varices ? Cela permet de savoir si l’on parle de maladie ou d’insuffisance veineuse.
  • A quelle classe de la classification CEAP les troubles veineux correspondent-ils ?
  • Y a-t-il eu une grossesse ou est-elle envisagée ? Y a-t-il eu des IVG ou fausses-couches ? Les stimulations hormonales doivent aussi être prises en compte car si elles se répètent, elles peuvent constituer un facteur de risque.
  • La profession exercée va jouer un rôle, via les conditions de travail et notamment le nombre d’heures passées debout.
  • Il faut aussi évaluer la statique plantaire, faire attention aux oignons ou hallux valgus au niveau des pieds qui peuvent être délétères pour les veines si l’on doit rester debout 15 heures par jour.
  • La surcharge pondérale doit être prise en compte car c’est un facteur aggravant : elle risque d’entraîner une évolution plus importante, plus rapide de la maladie. De plus, les femmes obèses ont tendance à souffrir davantage des varices.
  • Enfin, l’alimentation et le degré d’activité physique ne doivent pas être oubliés.

Prise en charge à court terme et suivi sur le long terme

Indices en poche et évolution potentielle de la maladie en tête, le médecin évalue la manière la plus efficace et la moins agressive de traiter. Pour les jeunes femmes souffrant d’insuffisance veineuse avec des varices, la prise en charge se fera généralement à deux niveaux : d’abord un traitement de la varice pour le court terme puis une prise en charge de la maladie veineuse chronique pour le long terme, avec une surveillance régulière. Côté thérapeutique, le choix dépendra de l’« évolutibilité potentielle » de la maladie et de la demande de la patiente. Il essaiera de s’orienter au maximum vers des techniques conservatrices (où l’on ne retire pas la veine malade) mais certains profils d’évolution réclameront plutôt des techniques chirurgicales. Dans tous les cas, le suivi est primordial : sans lui, les bénéfices des traitements entrepris seront perdus et la maladie veineuse pourra continuer à évoluer sans filet.

Remerciements au Dr Emmanuel Blin, phlébologue.

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