Le
forum en témoigne : vos questions sur l’insuffisance veineuse,
les varices, les scléroses ou encore la chirurgie sont multiples.
Le Dr Philippe Blanchemaison, phlébologue, se propose de
répondre aux plus fréquentes. Points de repères
autour de 5 thèmes :
1. varicosités et sclérose
2. quelles activités avec une insuffisance veineuse ?
3. pilule et jambes lourdes
4. chirurgie des varices
5. le lymphœdème
Quatre méthodes chirurgicales sont possibles :
1°/ Le stripping classique : la veine principale (saphène)
est retirée avec un câble appelé stripper.
2°/ Le stripping sur fil : la même veine est retirée,
non plus avec un câble mais avec un fil qui permet de retourner
la veine sur elle-même comme un doigt de gant.
3°/ La phlébectomie ambulatoire : les varices (qui sont le
plus souvent des veines collatérales des veines saphènes)
sont retirées directement à l’aide d’un petit
crochet et de plusieurs micro incisions de 1 à 2 mm.
4°/ Les traitements endovasculaires des varices : par une piqûre
on introduit une fibre dans la veine malade ; cette fibre peut être
une fibre de laser ou de radiofréquence. La veine est traitée
de l’intérieur sans être arrachée, de la même
façon que l’on traite les artères par voie endovasculaire à l’aide
de ballonnets gonflables.
Ces traitements chirurgicaux doivent se pratiquer au bloc opératoire,
le plus souvent par un chirurgien vasculaire conseillé par le
médecin phlébologue qui a été consulté.
La chirurgie est indiquée uniquement lorsque les veines sont réellement
malades, c'est-à-dire qu’elles ne fonctionnent plus et n’assurent
plus le retour du sang depuis les pieds vers le cœur.
Jamais systématiquement. La tendance actuelle est d’être le plus conservateur possible et de ne retirer que les veines malades qui n’assurent plus leur fonction normalement.
Dans le cas d’un stripping classique, une anesthésie générale est nécessaire avec une hospitalisation de 3 à 4 jours et un arrêt de travail qui peut atteindre 3 semaines. En cas de stripping sur fil, l’intervention peut être effectuée sous anesthésie locale ou locorégionale avec une hospitalisation de 24 heures et un arrêt de travail de 2 semaines. En cas de phlébectomie ambulatoire ou de traitement par laser ou radiofréquence endovasculaire, le traitement peut être réalisé sous anesthésie locale en ambulatoire, avec sortie le jour même de l’intervention. La reprise de l’activité pourra se faire au bout d’une semaine.
Les techniques où l’on retire les veines sont évidemment
plus traumatisantes et plus douloureuses que les techniques conservatrices.
C’est pourquoi les anesthésies sont effectuées en
conséquence pour que les patients ne ressentent aucune douleur
pendant l’intervention. Les suites sont très variables :
certains patients ne ressentent aucune douleur résiduelle, d’autres
peuvent avoir des douleurs persistant une à deux semaines.
En cas de traitement endovasculaire, théoriquement beaucoup moins
douloureux, il est néanmoins possible de ressentir une gêne
ou des douleurs une à deux semaines après l’intervention.
Toutes les contre-indications habituelles des anesthésies et des interventions chirurgicales sont présentes : allergie aux anesthésiques, terrain hémorragique, cancer, maladie de système… Malgré tout, il est aujourd’hui possible d’opérer un patient sous traitement anticoagulant, de même qu’un patient très âgé. Le terrain et l’importance des varices à traiter déterminera le choix du type de chirurgie proposé.
Compte tenu des possibilités récentes d’interventions peu traumatisantes, on peut opérer même les plus âgés. Mais il faut réserver les indications aux seuls patients présentant un risque réel de complication, tel que la survenue d’une thrombose veineuse ou d’un ulcère. N’oublions pas que l’on peut vivre très vieux avec des varices, d’autant que seul 25% des patients variqueux feront des complications.
Rarement des hématomes, mais pratiquement toujours des ecchymoses (bleus) qui régresseront en 3 à 5 semaines. Parfois, les jambes peuvent rester gonflées 2 à 3 semaines après l’intervention.
Dans tous les cas il est conseillé de porter une contention pendant au moins 6 mois après l’intervention et de prendre un traitement veinotonique. Par la suite, l’insuffisance veineuse étant une maladie chronique et évolutive, il est conseillé de se faire suivre par son médecin phlébologue et, en cas d’évolutivité ou d’exposition à des facteurs de risque, de faire pratiquer des séances d’injections sclérosantes d’entretien pour éviter une récidive.
Il n’est pas conseillé de rester alité. La reprise de la marche le plus rapidement possible aide à limiter le risque de phlébite lié à l’immobilisation. Il faut penser à bien boire car la concentration du sang par manque d’hydratation favorise les phlébites. Suivant le type d’intervention, la reprise du travail pourra se faire entre 1 et 3 semaines après l’intervention.
En moyenne un mois sera suffisant. Tant que les bleus sont encore apparents ou que l’on ressent encore des zones endolories au niveau de la jambe lorsque l’on appuie, il vaut mieux laisser la cicatrisation se poursuivre progressivement.
Hélène Jolly