Le forum en témoigne : vos questions sur l’insuffisance veineuse, les varices, les scléroses ou encore la chirurgie sont multiples. Le Dr Philippe Blanchemaison, phlébologue, se propose de répondre aux plus fréquentes. Points de repères autour de 5 thèmes :

1. varicosités et sclérose
2. quelles activités avec une insuffisance veineuse ?
3. pilule et jambes lourdes
4. chirurgie des varices
5. le lymphœdème

Pilule et jambes lourdes

Quel impact la pilule a-t-elle sur nos veines ?

Tous les traitement hormonaux ont un impact négatif sur les veines, avec au maximum un risque de phlébite. Ainsi, en cas d’antécédent de phlébite, les pilules sont définitivement contre-indiquées. C’est surtout le déséquilibre entre estrogènes et progestérone qui peut être responsable de l’aggravation de varicosités, de lourdeurs de jambes ou d’œdème. Mais aujourd’hui, le choix de pilules est suffisamment vaste, avec des dosages différents, pour permettre au gynécologue d’adapter sa pilule au terrain de sa patiente.

A elle seule, la pilule peut-elle être responsable de jambes lourdes ou même d’insuffisance veineuse ?

La pilule constitue un facteur aggravant au même titre que l’âge, l’hérédité, l’insuffisance musculaire, les déséquilibres hormonaux (grossesse, ménopause), la prise de poids, les déséquilibres alimentaires. Comme pour les autres maladies chroniques (diabète, artériosclérose), la présence d’un seul facteur de risque est rarement suffisante pour être à lui seul responsable d’une maladie. C’est le plus souvent l’association de deux ou plusieurs facteurs de risque qui vont déclencher les poussées évolutives. Ainsi une pilule trop fortement dosée associée à un excès de poids ou à une hérédité peut, effectivement être considérée comme un facteur aggravant.

Certaines pilules sont-elles plus indiquées quand on a les jambes lourdes ?

On dispose aujourd’hui de pilules normodosées, minidosées ou microdosées ; il existe également des pilules ne contenant que de la progestérone, sans estrogènes. En fonction des différents choix et du terrain de sa patiente, le gynécologue choisira la pilule la plus adaptée. Il pourra également associer les facteurs de compensation tels la contention et les veinotoniques.

Lorsque l’on a des antécédents familiaux de phlébite ou de varices, doit-on réaliser un bilan sanguin avant de prendre la pilule ?

Oui en cas d’antécédent de phlébite, pas nécessairement en cas d’antécédent de varice. Ce bilan sanguin consiste à rechercher une anomalie de l’hémostase, c'est-à-dire de certaines protéines de la coagulation dont le déficit augmente le risque de phlébite.

Hélène Jolly

> Chirurgie des varices