Le
forum en témoigne : vos questions sur l’insuffisance veineuse,
les varices, les scléroses ou encore la chirurgie sont multiples.
Le Dr Philippe Blanchemaison, phlébologue, se propose de
répondre aux plus fréquentes. Points de repères
autour de 5 thèmes :
1. varicosités et sclérose
2. quelles activités avec une insuffisance veineuse ?
3. pilule et jambes lourdes
4. chirurgie des varices
5. le lymphœdème
Les varicosités sont l’un des signes de la mauvaise circulation
veineuse dans les jambes, que l’on appelle insuffisance veineuse.
Elles peuvent apparaître dès les premiers changements hormonaux, à la
puberté ; le plus souvent elles deviennent très apparentes
et gênantes au moment des grossesses. Elles peuvent s’aggraver
avec l’âge ou sous l’influence de certains facteurs
tels que l’excès de poids ou les déséquilibres
hormonaux. Les varicosités ne constituent qu’une disgrâce
esthétique, sans aucun risque de complication et le traitement
par sclérose n’est pas préventif. Il doit être
débuté en tenant compte de la demande des patientes et
de leur gêne esthétique, dès 18 ans.
Bien qu’il n’y ait pas de risque toxique, on ne sclérose
pas pendant les grossesses, période de forte poussée évolutive.
Il faut éviter également les séances d’injection
sclérosante en période d’été ; l’exposition
au soleil est déconseillée dans les 10 jours qui suivent
une injection.
Les scléroses de varicosités sont des piqûres réalisées avec des aiguilles extrêmement fines (0,3 mm de diamètre). Le médecin réalise d’abord un bilan pour rechercher les veines qui alimentent les varicosités, ainsi que les facteurs de risque que l’on pourra corriger. Il sclérose d’abord les veines d’alimentation puis les varicosités elles-mêmes, en injectant un produit qui bouche et détruit les veines (produit sclérosant).
- Cela laisse-t-il des séquelles ?
Bien réalisées, les scléroses ne donnent habituellement
aucune séquelle. En cas de surdosage, il peut se produire une
réaction inflammatoire trop forte avec une obstruction brutale
des vaisseaux sclérosés. Les conséquences sont l’apparition
d’autres varicosités à côté du point
de piqûre ou encore des traces de pigmentation brune sur la peau.
Ces traces correspondent au passage d’un pigment sanguin, l’hémosidérine,
qui peut laisser une marque brune sur la peau pendant plusieurs mois.
Avec une bonne technique et une bonne expérience du thérapeute,
ces inconvénients peuvent être totalement évités.
La seule précaution est de ne pas s’exposer au soleil dans les 10 jours qui suivent.
Une séance de sclérose de varices de membre inférieur
par injections intraveineuses est remboursée à hauteur
de 14,29 €*. Lorsque la sclérose s’effectue sous guidage échographique,
le remboursement est de 18,79 €. Ces cotations ne sont valables
que pour la sclérose de varices ou de veines d’alimentation,
et non pour la sclérose de varicosités isolées qui
n’est pas remboursée par la sécurité sociale.
Les séances sclérosantes sont souvent associées à un
traitement par laser qui permet de traiter les varicosités les
plus fines, mais qui n’a pas de cotation ni de remboursement.
Le dépassement d’honoraires des médecins conventionnés
en secteur II peut être pris en charge par les mutuelles.
A titre informatif, sur Paris, les honoraires le plus souvent pratiqués
pour les injections sclérosantes se situent dans une fourchette
de 80 à 120 € selon les praticiens.
Dans le cadre du parcours de santé, il est préférable
de passer par son généraliste. Il jugera de la nécessité d’effectuer
un bilan écho-Doppler : les varicosités peuvent être
le premier signe d’une insuffisance veineuse sous-jacente et d’autres
signes associés peuvent évoquer une évolutivité de
la maladie. Le plus souvent, le traitement se fait en plusieurs séances
(en général 3 ou 4). Les séances peuvent être
espacées de 2 à 3 semaines ou plus. Il n’est pas
nécessaire de consulter le généraliste à chaque
séance.
Dans le cadre d’un traitement purement esthétique mettant
en jeu les seules varicosités, sans maladie veineuse sous-jacente,
ni veines d’alimentation, le traitement est réalisé hors
nomenclature et ne nécessite pas la visite préalable d’un
médecin généraliste.
Hélène Jolly
* selon la nomenclature de la Caisse d’assurance maladie éditée en septembre 2005 ; cotation EJNS 002.