Veines et grossesse : témoignages

Pour éclairer le lien entre veines et grossesses, deux femmes ont accepté de témoigner. L’une a joué la carte de la prévention, l’autre s’en préoccupe seulement maintenant, un an après sa deuxième grossesse. Résultat : leurs jambes n’ont pas vécu la maternité de la même façon…

Delphine M., 31 ans
« J’ai préféré prévenir, et pour l’instant je n’ai pas d’aggravation de mes problèmes veineux »

« Depuis 3-4 ans, je vois un phlébologue deux fois par an pour des problèmes d’insuffisance veineuse. Aujourd’hui je suis enceinte de 4 mois ; c’est ma première grossesse. Mes tantes, ma grand-mère et surtout ma cousine ont vu leurs problèmes veineux s’aggraver quand elles étaient enceintes. Je pensais que ce serait aussi le cas pour moi mais pour l’instant, rien de tel.
Il y a 4 ans, j’ai commencé à consulter pour des oedèmes de jambe : mes jambes gonflaient, y compris l’hiver, provoquant des douleurs aux genoux. J’avais l’impression d’avoir de véritables poteaux à la place des jambes. Pourtant, j’ai une nourriture saine, pas de problème de surpoids et je fais du sport.
Le phlébologue m’a examinée et a vu au doppler que quelques unes de mes veines ne fonctionnaient pas bien. Il a diagnostiqué quelques grosses varices, à peine visibles à la surface de la peau, et m’a prescrit des bas de contention épais.
Lorsque j’ai envisagé une grossesse, j’ai d’abord parlé de ces problèmes de veines à ma gynécologue. Elle m’a conseillé de ne pas être à terme en plein été. J’en ai ensuite parlé au phlébologue ; il m’a prescrit à nouveau des bas de contention. Dès que je suis fatiguée ou que j’ai trop mangé, je les mets pour soulager mes jambes.
Pour l’instant, je n’ai aucune aggravation de mes problèmes veineux. En ce qui concerne les varices, le phlébologue n’a pas jugé utile de continuer les scléroses pendant la grossesse. S’il n’y a pas de souci, je n’ai donc pas besoin de retourner le voir d’ici l’accouchement. »

Muriel L., 32 ans
« Je n’ai pas voulu m’en occuper avant et pendant mes grossesses ; maintenant je le regrette »

« J’ai deux enfants, nés en 2002 et 2004. Avant ma première grossesse, j’avais quelques varices et varicosités. Je travaillais beaucoup debout et je savais qu’il y avait des antécédents de maladie veineuse dans ma famille, mais je ne m’en suis pas vraiment préoccupée. Pendant ma première grossesse, ces problèmes veineux se sont aggravés et d’autres varices sont apparues. Le gynécologue m’a prescrit des veinotoniques. Mais comme les problèmes se sont atténués après l’accouchement, j’ai remis la prise en charge à plus tard.
La deuxième grossesse a vraiment empiré les choses. J’avais de plus en plus de varices, exclusivement au niveau des genoux et des mollets. J’ai à nouveau pris des veinotoniques et utilisé de temps en temps des bas de contention, mais je n’ai pas consulté de spécialiste. Après l’accouchement, pendant les quelques jours d’hospitalisation, les sages-femmes et le gynécologue se sont inquiétés d’une varice. J’ai dû avoir des injections tous les jours pendant la durée de l’hospitalisation, pour éviter les complications.
Sur les conseils pressants de mon entourage et du gynécologue, j’ai commencé à consulter un phlébologue. Je le vois depuis 4 mois, 1 fois par mois. Il a mis en place un traitement pour scléroser les varices, m’a prescrit des veinotoniques et vérifie mes veines à l’écho doppler à chaque consultation. Même si les résultats ne sont pas encore très visibles, les varices commencent à régresser. Toutefois, le phlébologue m’a prévenu que j’avais un terrain propice aux problèmes veineux, et qu’il fallait une prise en charge régulière.
Aujourd’hui je regrette vraiment de ne pas m’en être occupée plus tôt. Mes jambes sont dans un état pitoyable ; je ne porte jamais de jupes ou de robes en été. Pendant la grossesse, on pense à autre chose, on a tendance à oublier car ce ne sont pas les jambes les plus embêtantes. Tant qu’on n’a pas mal, on ne s’en préoccupe pas vraiment. Et puis on se dit que tout va partir après l’accouchement… mais c’est faux. »

Hélène Jolly