Article original : E. Mendoza, Phlebologie. 2001; 30 :140-144
Résumé et commentaire par E. Rabe, Bonn, Allemagne
Lorsque l’on étudie les varices de la grande veine saphène, l’examen clinique et l’examen par écho Doppler pulsé peuvent donnent des résultats contradictoires. Dans certains cas, l’examen clinique conduit à tort à un diagnostic d’insuffisance de la grande saphène.
La grande veine saphène est une veine superficielle de petit calibre, qui assure le retour du sang des membres inférieurs jusqu’au cœur. Elle est également appelée veine saphène interne, car elle parcourt le membre inférieur sur un territoire situé à la face antéro-interne (en avant et à l’intérieur). Elle débute en dedans de la cheville, puis monte le long du bord interne de la jambe et de la cuisse, et se termine au niveau de l’aine en se jetant dans la veine fémorale, après avoir décrit une crosse (augmentation de volume). Son identification typique aux ultras-sons (en incidence transversale) ressemble à l’œil Egyptien tel qu’il figure dans l’iconographie de l’Egypte ancienne. Avec la petite veine saphène (ou veine saphène externe), elle constitue le réseau veineux superficiel du membre inférieur.
Ces veines superficielles sont les plus exposées à l’insuffisance veineuse. Normalement, les valvules disposées le long de leur paroi favorisent la progression du sang dans la bonne direction : elles le pompent vers le cœur, luttant contre la pesanteur. Mais lorsque ces valvules ne fonctionnent plus correctement, le sang stagne voire redescend vers la cheville : c’est le reflux veineux.
Le but de l’étude d’E.Mendoza était de comparer la classification des varices de la grande veine saphène*, suivant que l’on utilisait l’examen clinique ou l’écho-Doppler pulsé (fondé sur l’utilisation des ultra-sons) pour examiner les patients.
Entre janvier 1999 et juin 2000, 1270 membres ont été examinés. 731 membres inférieurs présentaient un reflux au niveau de la jonction saphéno-fémorale (entre la veine saphène et la veine fémorale), d’importance variable. Parmi ceux-ci, 542 avaient un reflux au niveau du tronc de la grande veine saphène.
Selon les données de l’examen clinique, le reflux descendait jusqu’au 1/3 moyen du mollet dans 71,2 % des cas et se prolongeait jusqu’à la cheville dans 25,5 %. L’examen par écho-Doppler fournissait des informations très différentes. Le reflux veineux ne s’étendait jusqu’au 1/3 moyen du mollet que dans 26,6 % des cas et à la cheville dans seulement 1 %. Le type de reflux le plus fréquemment noté était une insuffisance de la grande veine saphène de l’aine jusqu’à la face médiale (interne) du genou (43,4 %). La plupart des insuffisances « de la grande veine saphène » diagnostiquées à l’examen clinique étaient en fait des collatérales qui s’abouchaient plus haut dans le tronc saphène.
*Classification selon Hach.