Les insuffisants veineux s'expriment et donnent leurs idées : 188 déclarations de patients classées en 5 grands thèmes
On retrouve les répercussions habituelles en termes de nervosité et de stress, ou d'anxiété et de dépression. De plus, l'insuffisance veineuse s'accompagne d'une souffrance morale tout à fait spécifique, provoquée par les problèmes esthétiques qui l'accompagnent.
Cette pathologie est indéniablement une source de nervosité : "on est de mauvaise humeur, irritable". "Ça crée une sorte d'instabilité", "d'irritation psychologique". En conséquence, les malades se déclarent souvent "sur les nerfs".
Les patients ne reconnaissent pas volontiers être atteints de dépression, excepté dans les cas sévères. Leurs verbatims témoignent cependant que l'angoisse se manifeste sous différentes formes :
L'impression d'un véritable handicap : "On est le boulet, on ne peut pas suivre les autres, on est à la traîne", "ça me mine le moral", "on se sent handicapé", "on se sent un vieux machin".
La hantise d'une évolution perçue comme inéluctable : "l'angoisse que cela s'aggrave" , de devoir se faire opérer, la peur de la phlébite, des complications,
La crainte perpétuelle des chocs : " j'ai toujours peur de recevoir des coups, d'avoir un accident de voiture", la peur comme un leitmotiv : "j'appréhende quand vient le soir, j'ai peur des voyages. On prend tout le temps des précautions".
Le problème esthétique introduit une dimension supplémentaire : la souffrance due au regard de l'autre.
On est "gêné de montrer ses jambes, c'est laid". On est "gêné de mettre des bandes sous une robe d'été", "une serviette sur ses jambes à la plage", de porter des bas à varices "ringard". Cette gêne est d'autant plus pénible que le sujet est jeune : "les gens remarquent mes jambes", "sont étonnés surtout chez une fille si jeune", "étonnés de mon âge".
Pour des raisons esthétiques, on cache ses jambes, on n'a plus la possibilité de s'habiller comme on le souhaite : "je ne peux pas faire ce que je veux, m'habiller comme je veux". Finalement, on "subit" la maladie, on "prend sur soi".