Différentes études ont permis d'évaluer le coût annuel du traitement de la maladie veineuse dans 4 pays européens.

Ces chiffres, qui n'englobent pas le coût du traitement des complications thrombo-emboliques, montrent l'importance du traitement préventif.
En France, en 1989, le centre de recherches économiques sociologiques et de gestion estimait le coût global des maladies veineuses (maladie thrombo-embolique incluse) à 5,7 milliards de Francs dont 1/3 lié à l'hospitalisation.
Avec 200.000 séjours hospitaliers et plus de six millions quatre cent mille journées d'arrêt de travail par an, la maladie veineuse est un problème majeur de santé publique. Il est important qu'elle soit traitée dès les premiers signes, avant que n'apparaissent ses complications et l'absentéisme, les arrêts de travail et d'hospitalisations.
En cette période de maîtrise des dépenses de santé, il est évident qu'une affection touchant 20% de la population et représentant 2,6% de l'ensemble des dépenses de santé constitue un enjeu d'importance. Il y a plusieurs années déjà, le Pr Claude Le Pen, économiste de la santé, a montré, au terme d'un travail portant sur 20.000 ménages, que les malades traités pour maladie veineuse sont plus fréquemment des employés et des professions intermédiaires, avec une durée quotidienne de station debout plus importante que la moyenne.
En 1994 il a été dépensé 5 milliards de francs pour 1.800.000 journées d'hospitalisation (soit 2.800 F par jour et par personne ...) et 3,2 milliards de francs au titre des arrêts de travail !
Les jambes lourdes et les oedèmes, les varices, les thromboses veineuses profondes et leurs complications constituent non pas un problème de "confort" ainsi qu'on le prétend parfois, mais un véritable problème social.
Cela est d'autant plus vrai que cette maladie atteint de préférence des populations parmi les plus modestes, au niveau de vie toujours plus menacé.
Moins bien prises en charge, les personnes atteintes pourraient renoncer à recourir aux médicament phlébotropes grâce auxquels il est possible de prévenir les complications de la maladie veineuse.
Et si ces derniers devaient ne plus être remboursés dans les mêmes conditions qu'aujourd'hui, les malades reculeraient le moment de leur prise en charge jusqu'à un stade où l'hospitalisation deviendrait le seul choix possible. Mais à quel prix !
Or l'évolution naturelle de la maladie veineuse, si elle n'est pas traitée précocément, conduit à des complications graves telles que l'ulcère variqueux ou les thrombo-embolies. L'ulcère de jambe touche 21 % des gens ayant une insuffisance veineuse chronique et nécessite l'hospitalisation dans 1/3 des cas. L'évolution naturelle d'un ulcère est d'environ 9 mois, mais 20% dure plus de 2 ans. Les 2/3 des patients concernés ont connu au moins une rechute et 1/3 plus de trois. 15% des décès cardio-vasculaires sont dus à une pathologie veineuse.